Les croyances en PNL
Les croyances : ces petites phrases qui peuvent freiner ou aider votre adolescent
Le cas de Léa
Léa a 15 ans. Lorsqu'elle reçoit une mauvaise note en mathématiques, elle conclut rapidement :
« Je suis nulle en maths. »
Quelques semaines plus tard, elle travaille moins cette matière, participe moins en classe et perd progressivement confiance.
Pourtant, sa difficulté initiale n'était peut-être que passagère.
Ce qui l'a freinée n'est pas seulement la note. C'est surtout ce qu'elle a fini par croire à propos d'elle-même.
Qu'est-ce qu'une croyance ?
Une croyance est une idée que nous considérons comme vraie, même si nous ne l'avons jamais réellement vérifiée.
Nous en avons tous.
Par exemple :
- « Je ne suis pas fait pour les études. »
- « Il faut être intelligent pour réussir. »
- « Je n'ai pas de mémoire. »
- « Les autres sont meilleurs que moi. »
- « Je réussirai si je travaille régulièrement. »
Certaines croyances nous encouragent à avancer.
D'autres nous limitent sans que nous en ayons conscience.
Pourquoi les croyances sont-elles si importantes ?
Nos croyances influencent souvent nos comportements.
Un adolescent qui pense :
« Je suis incapable de réussir. »
aura tendance à :
- moins essayer ;
- abandonner plus vite ;
- éviter les défis ;
- interpréter ses erreurs comme des preuves de son incapacité.
À l'inverse, un adolescent qui pense :
« Je peux progresser si je m'entraîne. »
persévérera davantage lorsqu'il rencontrera une difficulté.
La croyance ne crée pas la réalité à elle seule, mais elle influence fortement la manière dont nous agissons face aux événements.
D'où viennent ces croyances ?
Elles se construisent progressivement.
Certaines apparaissent dans l'enfance :
- à travers les remarques entendues ;
- les comparaisons avec les autres ;
- les réussites et les échecs vécus.
D'autres naissent à la suite d'expériences marquantes :
- une mauvaise note ;
- une humiliation ;
- un conflit ;
- un échec à un examen.
Avec le temps, ces expériences peuvent devenir des conclusions générales sur soi-même.
Les croyances qui limitent souvent les adolescents
Dans les accompagnements scolaires, certaines reviennent fréquemment :
- « Je suis mauvais en maths. »
- « Je n'ai aucune mémoire. »
- « Je ne suis pas intelligent. »
- « Les autres réussissent plus facilement que moi. »
- « Je n'y arriverai jamais. »
Le problème est que ces affirmations sont souvent présentées comme des vérités alors qu'elles ne sont que des interprétations.
Comment aider son adolescent ?
La première étape consiste à écouter les phrases qu'il utilise pour parler de lui-même.
Lorsqu'un jeune affirme :
« Je suis nul en anglais. »
on peut l'aider à nuancer :
« Aujourd'hui, tu rencontres des difficultés en anglais. Ce n'est pas la même chose. »
Cette simple différence de formulation peut ouvrir de nouvelles possibilités.
Remplacer les étiquettes par des perspectives
Un adolescent n'est pas sa dernière note.
Il n'est pas non plus son passé scolaire.
Les recherches sur l'apprentissage montrent que le cerveau conserve toute sa vie une certaine capacité à apprendre et à se modifier.
Les compétences se développent.
Les méthodes s'améliorent.
La confiance se construit.
Et ce qui semble difficile aujourd'hui ne le sera pas forcément demain.
À retenir
Les croyances sont comme des lunettes à travers lesquelles nous regardons le monde.
Certaines nous permettent d'avancer.
D'autres nous enferment dans une image trop étroite de nous-mêmes.
Aider un adolescent à repérer ses croyances limitantes, c'est parfois lui permettre de retrouver confiance dans ses capacités et de redécouvrir qu'il possède davantage de ressources qu'il ne l'imagine.
Les Valeurs en PNL
Pourquoi certains adolescents sont motivés dans certains domaines… et pas dans d'autres ?
Le cas de Hugo
Hugo passe des heures à s'entraîner au basket.
Il regarde des vidéos pour progresser, accepte les critiques de son entraîneur et recommence inlassablement les mêmes gestes jusqu'à les maîtriser.
Pourtant, lorsqu'il s'agit de réviser un contrôle d'histoire, il semble soudain manquer d'énergie, d'organisation et de motivation.
Ses parents se demandent :
« Comment peut-il être aussi persévérant dans un domaine et abandonner si vite dans un autre ? »
La réponse se trouve parfois dans ce que l'on appelle les valeurs.
Qu'est-ce qu'une valeur ?
Une valeur correspond à ce qui est important pour une personne.
Nous avons tous des valeurs qui influencent nos choix, souvent sans même nous en rendre compte.
Par exemple :
- la liberté ;
- la réussite ;
- l'amitié ;
- la sécurité ;
- l'autonomie ;
- le plaisir ;
- la curiosité ;
- le respect ;
- l'entraide.
Les valeurs agissent comme une boussole intérieure.
Elles orientent nos décisions, nos comportements et notre motivation.
Pourquoi les valeurs influencent-elles autant la motivation ?
Un adolescent s'investit généralement davantage lorsqu'il perçoit un lien entre ce qu'il fait et ce qui compte pour lui.
Prenons deux exemples.
Si un jeune accorde beaucoup d'importance à l'autonomie, il sera souvent plus motivé lorsqu'il comprend qu'une bonne organisation lui permettra de gagner en liberté.
À l'inverse, si les études lui sont présentées uniquement comme une obligation, il risque de résister davantage.
Un autre adolescent peut être sensible à la réussite, au défi ou au désir d'aider les autres. Chacun trouve son énergie dans des ressorts différents.
Lorsque les valeurs sont ignorées
Il arrive qu'un adolescent entende régulièrement :
« Travaille parce qu'il le faut. »
ou
« Fais-le parce que c'est important. »
Mais important pour qui ?
Pour les parents ?
Pour l'école ?
Pour lui ?
Lorsque le sens personnel disparaît, la motivation s'affaiblit souvent.
Le travail devient une contrainte plutôt qu'un choix.
Derrière les conflits, des valeurs différentes
Certains désaccords entre parents et adolescents ne viennent pas d'un manque de bonne volonté.
Ils peuvent simplement révéler des priorités différentes.
Par exemple :
Le parent valorise la sécurité :
« Obtiens un diplôme pour avoir un métier stable. »
L'adolescent valorise davantage la créativité ou l'indépendance :
« Je veux choisir ma propre voie. »
Aucun des deux n'a forcément tort.
Ils regardent simplement la situation à travers des valeurs différentes.
Comment aider son adolescent à identifier ses valeurs ?
Quelques questions simples peuvent ouvrir la discussion :
- Qu'est-ce qui est important pour toi aujourd'hui ?
- Qu'est-ce qui te rend fier de toi ?
- Dans quelles activités perds-tu la notion du temps ?
- Quelles qualités admires-tu chez les autres ?
- Quel type de vie aimerais-tu construire plus tard ?
Les réponses permettent souvent de mieux comprendre ce qui nourrit réellement sa motivation.
Relier les études à ce qui compte pour lui
Un adolescent travaille rarement durablement pour faire plaisir aux autres.
En revanche, il peut s'investir davantage lorsqu'il perçoit comment les apprentissages servent ses propres objectifs.
Un jeune qui rêve de voyager aura besoin de comprendre l'intérêt des langues.
Un futur entrepreneur verra davantage l'utilité des mathématiques ou de la communication.
Un passionné de sport découvrira que la discipline et l'organisation développées à l'école lui seront également utiles ailleurs.
À retenir
Les valeurs sont l'un des moteurs les plus puissants de la motivation.
Lorsqu'un adolescent sait ce qui compte vraiment pour lui, il devient plus facile de donner du sens aux efforts qu'il fournit.
Plutôt que de chercher uniquement à pousser un jeune à travailler davantage, il peut être utile de l'aider à découvrir ce qui l'inspire, ce qui l'anime et ce qui donne une direction à ses efforts.
La motivation durable naît souvent de cette rencontre entre ce que l'on fait et ce qui a du sens pour soi.
Pourquoi certains adolescents semblent démotivés alors qu'ils poursuivent simplement des objectifs qui ne sont pas les nôtres ?
Le cas de Nathan
Nathan a 16 ans.
Depuis plusieurs mois, ses parents ont l'impression qu'il ne s'intéresse plus à grand-chose.
Les discussions tournent souvent au conflit :
« Tu ne fais aucun effort. »
« Tu ne penses pas à ton avenir. »
« Tu manques de motivation. »
Pourtant, lorsqu'on prend le temps de l'écouter, une autre réalité apparaît.
Nathan passe des heures à apprendre le montage vidéo, à créer du contenu sur internet et à suivre des créateurs qu'il admire.
Il n'est pas démotivé.
Il est profondément motivé... mais pas forcément par les objectifs que ses parents avaient imaginés pour lui.
La démotivation n'est pas toujours ce que l'on croit
Lorsqu'un adolescent ne s'investit plus dans les études, il est tentant de conclure :
« Il manque de motivation. »
Pourtant, la situation est souvent plus complexe.
La motivation n'est pas une quantité que l'on possède ou non.
C'est une énergie orientée vers un objectif.
La vraie question n'est donc pas toujours :
« Est-il motivé ? »
mais plutôt :
« Qu'est-ce qui le motive aujourd'hui ? »
Lorsque les objectifs divergent
Les parents souhaitent naturellement ce qu'ils pensent être le meilleur pour leur enfant.
Ils peuvent valoriser :
-
la sécurité ;
-
les études ;
-
un métier stable ;
-
un avenir prévisible.
L'adolescent, lui, peut être attiré par :
-
la liberté ;
-
la créativité ;
-
l'aventure ;
-
l'indépendance ;
-
des domaines encore mal connus de ses parents.
Lorsque ces visions diffèrent, chacun peut avoir l'impression que l'autre ne comprend pas.
Un jeune peut être très motivé... ailleurs
Combien d'adolescents entend-on décrire comme paresseux alors qu'ils sont capables de :
-
passer des heures à apprendre une stratégie de jeu ;
-
progresser dans un sport ;
-
monter des vidéos ;
-
développer une activité sur internet ;
-
apprendre seuls de nouvelles compétences ?
Ces comportements montrent souvent une forte capacité d'engagement.
La difficulté n'est donc pas toujours l'absence de motivation.
Elle réside parfois dans le fait que cette motivation ne s'exprime pas dans les domaines attendus.
Comprendre avant de juger
Cela ne signifie pas que tous les projets d'un adolescent sont réalistes ou qu'il faut abandonner toute exigence scolaire.
Mais avant de chercher à convaincre, il peut être utile de comprendre.
Quelques questions peuvent ouvrir le dialogue :
-
Qu'est-ce qui te passionne en ce moment ?
-
Qu'aimerais-tu apprendre davantage ?
-
Qu'est-ce qui te rend fier de toi ?
-
Dans quel domaine as-tu l'impression de progresser ?
-
À quoi aimerais-tu que ressemble ta vie plus tard ?
Ces questions permettent souvent de découvrir des aspirations que l'on n'avait pas perçues.
Le risque des étiquettes
Lorsqu'un jeune entend régulièrement :
« Tu es paresseux. »
« Tu n'as aucune ambition. »
« Tu ne fais rien de ta vie. »
il finit parfois par se définir à travers ces jugements.
Or ces étiquettes décrivent rarement toute la réalité.
Un adolescent peut être désorganisé sans être paresseux.
Il peut être perdu sans manquer de potentiel.
Il peut être en recherche sans être démotivé.
Trouver des passerelles
L'objectif n'est pas d'opposer les attentes des parents aux aspirations de l'adolescent.
Il est de construire des ponts entre les deux.
Par exemple :
-
relier les études à un projet personnel ;
-
montrer comment certaines compétences seront utiles dans différents parcours ;
-
aider le jeune à transformer un centre d'intérêt en projet concret.
Lorsque les apprentissages retrouvent du sens, l'investissement scolaire devient souvent plus facile.
Accompagner plutôt que diriger
L'adolescence est une période d'exploration.
Les jeunes cherchent progressivement à construire leur propre identité et leurs propres objectifs.
Le rôle des adultes n'est pas toujours de tracer le chemin à leur place.
Il consiste souvent à les aider à mieux comprendre qui ils sont, ce qui les anime et comment transformer leurs aspirations en projets réalisables.
À retenir
Un adolescent qui paraît démotivé n'est pas forcément un adolescent sans motivation.
Il poursuit parfois des objectifs différents de ceux imaginés par les adultes qui l'entourent.
Comprendre ces objectifs ne signifie pas être d'accord avec tout.
Cela permet simplement d'ouvrir le dialogue et de construire des passerelles entre son monde et le nôtre.
Car derrière certains comportements qui inquiètent les parents se cache parfois un jeune en quête de sens, d'autonomie et de sa propre voie.