MOTIVATION : La Théorie des Attentes

Publié le 25 juin 2026 à 10:37

MOTIVATION : La Théorie des Attentes

Comprendre la théorie des attentes de Vroom

Article à destination des parents

Pourquoi certains adolescents fournissent-ils beaucoup d'efforts alors que d'autres semblent avoir abandonné ?

De nombreux parents pensent que la motivation dépend principalement de la volonté ou du caractère. Pourtant, les recherches en psychologie montrent que la motivation est souvent liée à la façon dont une personne perçoit ses chances de réussite et l'intérêt qu'elle attribue au résultat.

Dans les années 1960, le psychologue canadien Victor Vroom a proposé une explication particulièrement utile pour comprendre l'engagement scolaire des adolescents.

Cette théorie repose sur trois questions que se pose inconsciemment tout jeune :

  1. « Suis-je capable de réussir ? »
  2. « Si je réussis, cela changera-t-il quelque chose ? »
  3. « Ce résultat a-t-il de la valeur pour moi ? »

Lorsque la réponse est « oui » aux trois questions, la motivation augmente fortement.


Les trois piliers de la motivation

1. L'Expectation : « Puis-je réussir ? »

L'adolescent évalue ses chances de réussite.

Exemples :

  • « Je comprends les maths, donc je peux progresser. »
  • « Je suis nul en anglais, ça ne sert à rien d'essayer. »

Lorsqu'un jeune est convaincu qu'il va échouer, son cerveau limite naturellement l'investissement.

Ce que les parents peuvent faire

Éviter :

  • « Tu n'as pas assez travaillé. »
  • « Tu pourrais avoir 18 si tu voulais. »

Privilégier :

  • « Quelle partie te semble difficile ? »
  • « Que faudrait-il mettre en place pour que tu gagnes deux points ? »

L'objectif est de restaurer un sentiment d'efficacité.


2. L'instrumentalité : « À quoi cela va-t-il servir ? »

L'adolescent cherche un lien entre l'effort et une conséquence concrète.

Exemples :

  • « Si je travaille, j'aurai accès à la filière qui m'intéresse. »
  • « De toute façon, les notes ne changent rien. »

Si ce lien disparaît, la motivation chute.

Ce que les parents peuvent faire

Aider le jeune à répondre à des questions telles que :

  • Pourquoi cette matière existe-t-elle ?
  • Quelles études l'utilisent ?
  • Quelles compétences développe-t-elle ?

L'objectif n'est pas de convaincre mais d'aider à trouver du sens.


3. La valence : « Est-ce important pour moi ? »

Même si un objectif paraît pertinent aux parents, il n'aura d'effet que s'il possède une valeur personnelle pour l'adolescent.

Exemples :

  • Entrer dans une école particulière.
  • Obtenir plus d'autonomie.
  • Réussir un concours sportif.
  • Préparer un métier rêvé.

La motivation est rarement durable lorsqu'elle repose uniquement sur les attentes des adultes.


Exercice 1 : Le thermomètre de motivation

Demandez à votre adolescent de noter chaque élément sur 10.

 

QuestionNoteJe pense pouvoir réussir./10Je comprends l'utilité de cet effort./10Le résultat est important pour moi./10

 

La note la plus faible indique souvent le principal frein à la motivation.


Exercice 2 : L'enquête motivation

Choisir une matière difficile.

Compléter ensemble :

  • Ce qui me bloque :
  • Ce que je sais déjà faire :
  • Ce qui pourrait m'aider :
  • À quoi cela pourrait me servir plus tard :
  • Pourquoi cela pourrait avoir de la valeur pour moi :

Exercice 3 : Les petites victoires

Pendant une semaine, noter chaque progrès :

  • exercice terminé ;
  • leçon apprise ;
  • meilleure note ;
  • participation en classe ;
  • travail commencé sans rappel.

Le cerveau se nourrit des réussites perçues.


Ce qu'il faut retenir

La démotivation n'est pas toujours un manque de volonté.

Selon Vroom, elle apparaît souvent lorsqu'un adolescent :

  • ne croit plus en ses capacités ;
  • ne voit plus le lien entre effort et résultat ;
  • ne trouve plus de valeur dans l'objectif proposé.

L'accompagnement parental consiste alors moins à pousser qu'à restaurer ces trois perceptions.

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