Réagir rapidement
Que faire dès les premières absences répétées ?
Prendre la souffrance au sérieux
Dire « tu dois te forcer », « tout le monde est
stressé » ou « tu prends de mauvaises habitudes »
peut accroître la honte sans rendre le retour possible.
Une formulation plus utile peut être :
« Je vois que retourner en cours est devenu très difficile.
Nous allons chercher ce qui se passe et demander de l'aide. »
Ne pas attendre que la situation se règle seule
Une journée d'absence ne constitue pas nécessairement un refus
scolaire anxieux. En revanche, des crises répétées, des absences qui
se multiplient ou une aggravation rapide justifient une réaction
précoce.
Consulter un professionnel de santé
Le médecin traitant ou le pédiatre peut rechercher une cause
physique, apprécier la souffrance psychologique et orienter, si
nécessaire, vers un psychologue, un pédopsychiatre ou une structure
spécialisée.
Informer rapidement l'établissement
La famille peut contacter le professeur principal, le conseiller
principal d'éducation, l'infirmier scolaire, le psychologue de
l'Éducation nationale, le médecin scolaire ou la direction.
L'objectif est de maintenir un lien, d'identifier les difficultés et
de préparer une réponse coordonnée.
Préserver un rythme quotidien
Même lorsque la présence en classe est provisoirement impossible, il
est utile de conserver autant que possible des horaires de lever,
des repas, une activité physique adaptée, des contacts sociaux et un
lien progressif avec les apprentissages.
Préparer le retour
Un retour progressif doit être coordonné
L'objectif reste généralement de restaurer la fréquentation scolaire,
mais la manière d'y parvenir dépend de l'état du jeune, de la durée des
absences et des possibilités de l'établissement.
Une exposition progressive aux situations évitées peut faire partie des
prises en charge de l'anxiété. Dans le cadre du refus scolaire anxieux,
elle doit être préparée, adaptée aux possibilités du jeune et organisée
en lien avec les professionnels de santé et la structure scolaire
.
Une remise en situation brutale, répétée ou insuffisamment coordonnée
peut augmenter l'angoisse et renforcer le sentiment d'échec.
Selon la situation, une reprise progressive peut consister à :
- rencontrer d'abord un adulte repère dans l'établissement ;
- entrer dans les locaux sans suivre immédiatement tous les cours ;
- reprendre par certains cours ou certains moments de la journée ;
- prévoir un lieu où se rendre en cas de montée d'angoisse ;
- adapter provisoirement l'emploi du temps ;
- préparer précisément l'accueil le jour du retour ;
- organiser des points d'étape réguliers.
Maintenir l'objectif sans brutaliser
La fermeté peut être nécessaire pour préserver un cadre, un rythme et
l'objectif d'une reprise. Elle ne doit jamais prendre la forme d'une
violence, d'une humiliation ou d'une confrontation improvisée.
Dispositif de l'Éducation nationale
L'APADHE : maintenir la scolarité pendant une période d'empêchement
L'APADHE signifie
Accompagnement pédagogique à domicile, à l'hôpital ou à l'École
.
Il s'agit d'un dispositif de l'Éducation nationale, mis en œuvre dans
chaque département sous la responsabilité du directeur académique des
services de l'Éducation nationale.
Il permet à des élèves empêchés de fréquenter normalement leur
établissement pour des raisons de santé physique ou psychique de
poursuivre leur scolarité dans des conditions adaptées.
L'accompagnement pédagogique assuré dans ce cadre est
gratuit pour la famille.
Qui peut être concerné ?
Un élève scolarisé dans le premier ou le second degré, public ou privé
sous contrat, dont la scolarité risque d'être interrompue pour raison
de santé ou ne peut se poursuivre que partiellement.
Pour quelle durée ?
La circulaire prévoit notamment les interruptions d'au moins deux
semaines consécutives hors vacances scolaires, ou trois semaines
discontinues pour certaines maladies évoluant sur une longue période.
Où intervient-il ?
L'accompagnement peut avoir lieu au domicile, à l'hôpital, dans
l'établissement scolaire ou, si nécessaire, dans un lieu public de
proximité adapté.
Qui assure les cours ?
En priorité, les enseignants habituels du jeune lorsqu'ils sont
volontaires, ou d'autres enseignants mobilisés dans le cadre du
dispositif.
Quels sont ses objectifs ?
Maintenir les apprentissages, éviter une rupture du parcours,
préserver le lien avec la classe et préparer le retour dans
l'établissement.
Le refus scolaire anxieux est-il concerné ?
Oui. Le ministère précise que le projet peut prendre en compte
l'angoisse à entrer dans l'établissement et, le cas échéant, le refus
scolaire anxieux.
Comment demander la mise en place de l'APADHE ?
La demande peut être initiée par la famille, le directeur de l'école,
le chef d'établissement ou une autre personne concernée par la santé et
la scolarité de l'élève.
Elle est transmise au directeur académique par l'intermédiaire du
coordonnateur départemental de l'APADHE. La décision tient compte des
éléments médicaux étudiés par le médecin conseiller technique de
l'Éducation nationale.
Le projet pédagogique est ensuite élaboré avec le jeune, sa famille,
les enseignants, l'établissement et les professionnels concernés.
Il précise notamment le rythme, la durée, les lieux d'intervention,
les modalités de transmission des cours et les adaptations nécessaires.
À qui s'adresser concrètement ?
La famille peut commencer par contacter la direction de l'établissement,
l'infirmier scolaire, le médecin scolaire ou la Direction des services
départementaux de l'Éducation nationale — DSDEN — de son département.
La mise en place du dispositif n'est pas automatique. Elle dépend de
l'évaluation de la situation, des éléments médicaux et de la décision
prise par les services départementaux de l'Éducation nationale.
Protéger sans tout permettre
Les attitudes à éviter — et celles à bannir
À bannir
-
Contraindre physiquement le jeune à entrer dans l'établissement.
-
L'humilier, le menacer ou se moquer de ses symptômes.
-
Présenter sa difficulté comme de la paresse, un caprice ou une
manipulation sans évaluation préalable.
-
Ignorer des propos désespérés, suicidaires ou fortement
dévalorisants.
-
Attribuer systématiquement les douleurs au stress sans demander
d'avis médical.
-
Organiser seul un retour brutal, sans concertation avec les
professionnels de santé et l'établissement.
-
Utiliser la honte, le retrait d'affection ou la comparaison comme
moyens de pression.
À éviter
-
Attendre plusieurs semaines en espérant que la situation se règle
spontanément.
-
Questionner l'adolescent sans relâche.
-
Parler de sa situation devant d'autres personnes sans tenir
compte de son intimité.
-
Supprimer toute exigence et tout rythme quotidien.
-
Faire l'ensemble du travail scolaire à sa place.
-
Promettre qu'il ne retournera jamais dans son établissement.
-
Changer précipitamment d'établissement sans analyser ce qui
déclenche la difficulté.
-
Laisser disparaître tout contact avec la classe et les enseignants.
-
Considérer une journée de reprise réussie comme la preuve que le
problème est définitivement réglé.
Le domicile doit rester un lieu de sécurité. Il ne doit pas devenir
involontairement un espace où disparaissent durablement tout rythme,
tout apprentissage, toute vie sociale et toute perspective de reprise.
À la maison
Comment soutenir son adolescent au quotidien ?
Écouter sans mener un interrogatoire permanent
Le jeune peut ne pas parvenir à expliquer immédiatement ce qui l'empêche
d'aller en cours. Des questions ouvertes peuvent l'aider :
-
« À quel moment la difficulté commence-t-elle ? »
-
« Qu'est-ce qui te paraît le plus difficile dans le
retour ? »
-
« Y a-t-il un moment ou un cours qui te semble plus
accessible ? »
-
« De quoi aurais-tu besoin pour faire un premier pas ? »
-
« Y a-t-il quelque chose qui se passe à l'école dont nous ne
sommes pas encore au courant ? »
Préserver un rythme de vie
Même lorsque le jeune ne peut pas se rendre en cours, il est utile de
préserver autant que possible :
- une heure de lever régulière ;
- des repas structurés ;
- une hygiène de sommeil ;
- une activité physique adaptée ;
- des contacts sociaux ;
-
un temps de travail scolaire réaliste lorsque cela reste possible ;
- une différence entre les jours de semaine et le week-end.
Préserver aussi la vie familiale
La situation ne doit pas occuper toutes les conversations. Il est
important de conserver des moments agréables, une place pour les frères
et sœurs et des échanges qui ne concernent pas uniquement l'école.
Accompagner un refus scolaire anxieux peut être épuisant. Les parents
peuvent eux aussi avoir besoin de soutien.
La place de DPCTS
Quelle place pour l'accompagnement pédagogique ?
L'accompagnement pédagogique peut être utile lorsque les difficultés
sont également entretenues par :
- la perte des méthodes de travail ;
- l'accumulation du retard ;
- la peur des évaluations ;
- la désorganisation ;
- la perte de confiance ;
-
la difficulté à reprendre progressivement contact avec les
apprentissages.
DPCTS peut aider le jeune à fractionner les tâches, retrouver des repères,
identifier ce qu'il sait encore faire et reconstruire progressivement
un sentiment de compétence.
Limite essentielle
DPCTS ne pose pas de diagnostic et ne traite pas les troubles anxieux.
L'accompagnement pédagogique ne remplace ni le médecin, ni le
psychologue, ni le pédopsychiatre. Il peut constituer un soutien
complémentaire dans un dispositif coordonné.
Questions des parents
FAQ sur le refus scolaire anxieux
Mon adolescent veut travailler, mais ne peut plus aller au lycée :
est-ce possible ?
Oui. Le désir d'apprendre et la capacité à entrer dans
l'établissement sont deux dimensions différentes. Un jeune peut
vouloir poursuivre ses études et être néanmoins submergé par
l'angoisse au moment de se rendre en cours.
Les douleurs physiques sont-elles « dans sa tête » ?
Les symptômes physiques liés à l'anxiété sont réellement ressentis.
Toutefois, une douleur persistante ne doit pas être attribuée
automatiquement au stress. Un avis médical est nécessaire.
Dois-je prévenir l'établissement dès les premières absences ?
Lorsque les absences se répètent ou que le départ provoque une
détresse importante, un contact rapide avec l'établissement est
préférable afin de maintenir le lien et de préparer une réponse
coordonnée.
Peut-on mettre en place des cours à domicile ?
Selon l'état de santé et l'évaluation de la situation, l'APADHE peut
permettre un accompagnement pédagogique à domicile, à l'hôpital ou
dans l'établissement. La demande doit être instruite par les services
départementaux de l'Éducation nationale.
La phobie scolaire vient-elle toujours du harcèlement ?
Non. Le harcèlement doit être recherché sérieusement, mais d'autres
facteurs peuvent intervenir : anxiété sociale, peur de l'échec,
dépression, difficultés d'apprentissage, problèmes de santé ou
accumulation de difficultés.
Faut-il changer d'établissement ?
Cela peut parfois être pertinent, notamment lorsqu'un problème propre
à l'établissement a été identifié. Mais un changement précipité peut
déplacer la difficulté sans traiter les mécanismes anxieux. La
décision doit être préparée avec le jeune et les professionnels.
Combien de temps faut-il pour retourner à l'école ?
Il n'existe pas de délai standard. L'évolution dépend de la durée des
absences, des difficultés associées, des ressources du jeune, de
l'accès aux soins et des possibilités d'aménagement scolaire.
Est-ce la faute des parents ?
Le refus scolaire anxieux ne peut pas être expliqué par une faute
parentale unique. Des facteurs personnels, médicaux, familiaux,
scolaires et sociaux peuvent interagir. Chercher un coupable détourne
généralement de la construction d'une réponse coordonnée.
À retenir
Le jeune et sa famille ne doivent pas rester seuls
Le refus scolaire anxieux n'est ni un simple manque de motivation, ni
une maladie unique. Il décrit une difficulté importante à aller à
l'école ou à y rester, associée à une souffrance émotionnelle.
Les premières priorités sont de prendre cette souffrance au sérieux,
demander un avis médical, maintenir le contact avec l'établissement,
rechercher ce qui entretient la difficulté et préparer une reprise
adaptée.
Le rôle des parents n'est pas de résoudre seuls le problème. Il consiste
à préserver le lien avec leur adolescent, à mobiliser les interlocuteurs
compétents et à l'aider à retrouver progressivement des conditions dans
lesquelles il pourra de nouveau apprendre et avancer.
Sources officielles
Pour vérifier et approfondir
Les modalités pratiques et les coordonnées du coordonnateur APADHE
peuvent varier selon le département. La DSDEN du lieu de scolarisation
constitue la source locale de référence.