TDAH : le rôle de l’accompagnement pédagogique
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental dont le diagnostic et la prise en charge relèvent de professionnels qualifiés.
DPCTS ne pose pas de diagnostic et ne propose pas de traitement du TDAH.
Notre intervention se situe sur un autre terrain : aider l'adolescent à mieux comprendre les difficultés qu'il rencontre dans son travail scolaire, à expérimenter des stratégies méthodologiques et à identifier celles qui lui permettent de mieux apprendre et de gagner en autonomie.
Lorsqu’un suivi médical, psychologique, paramédical ou des aménagements scolaires sont déjà en place, cet accompagnement pédagogique peut venir en complément, chacun restant dans son champ de compétence.
Le diagnostic apporte des éléments pour comprendre le fonctionnement du jeune. Notre travail commence avec une autre question : « Concrètement, qu’est-ce qui pourrait t’aider à mieux travailler ? »
Comprendre avant de chercher des solutions
Un adolescent avec un TDAH peut savoir ce qu’il doit faire, avoir envie de réussir… et pourtant éprouver des difficultés à commencer son travail, maintenir son attention, suivre plusieurs étapes, s’organiser ou terminer une tâche.
Ces difficultés peuvent notamment concerner l’attention*, l’inhibition*, la mémoire de travail*, la perception du temps* ou certaines fonctions exécutives*.(* ces termes sont expliqués en bas de page ) Mais elles ne se manifestent ni de la même manière ni avec la même intensité chez tous les jeunes.
Il n’existe donc pas une « méthode TDAH » à appliquer à tout le monde. On cherche d’abord où se situe précisément la difficulté pour ce jeune, dans cette situation.
Avant de proposer un outil, une technique ou une nouvelle organisation, la première étape consiste à observer ce qui fonctionne déjà, ce qui bloque et dans quelles circonstances la situation change.
Tu n’as pas besoin de changer toute ta façon de travailler.
On commence par repérer ce qui te gêne le plus aujourd’hui, puis on choisit une petite chose à tester.
Où est-ce que ça coince ?
Plutôt que de chercher immédiatement une méthode, essayons d’abord de repérer à quel moment le travail devient difficile.
Vous pouvez simplement montrer ces six situations à votre adolescent et lui demander : « Laquelle te ressemble le plus en ce moment ? »
Je sais quoi faire… mais je n’arrive pas à commencer
On peut chercher comment rendre le premier pas plus facile et la tâche moins impressionnante.
Je commence… puis je pars sur autre chose
On observe ce qui fait décrocher mon attention et dans quelles conditions je reste plus facilement engagé.
Je travaille… mais je retiens peu
On teste des façons plus actives de mémoriser et retrouver ce que j’ai appris.
Je ne sais pas par quoi commencer
On apprend à rendre les priorités visibles et à découper le travail en étapes.
Je pensais en avoir pour 10 minutes…
On compare le temps prévu au temps réel pour apprendre progressivement à mieux anticiper.
Je connais des méthodes… mais je ne les utilise pas
On cherche des outils assez simples pour que je puisse réellement les utiliser au quotidien.
La première question n’est donc pas :
« Quelle méthode utiliser ? »
mais plutôt :
« Quel problème essayons-nous de résoudre ? »
Expérimenter plutôt qu’appliquer une recette
Chez DPCTS, une stratégie n’est pas considérée comme bonne simplement parce qu’elle figure dans un livre, qu’elle est recommandée ou qu’elle fonctionne pour quelqu’un d’autre.
Elle devient intéressante si elle aide réellement ce jeune-là.
1. Comprendre
Que se passe-t-il précisément ? À quel moment apparaît la difficulté ? Quand est-ce plus facile ?
2. Expérimenter
Choisir une petite modification et la tester dans une vraie situation de travail.
3. Observer
Est-ce plus facile ? Plus rapide ? Moins fatigant ? Est-ce réellement utilisable ?
4. Ajuster
Garder ce qui aide, modifier ce qui aide un peu et abandonner ce qui ne convient pas.
Tu n’as pas à réussir une méthode.
Tu testes, tu regardes ce qui change et tu ajustes. Le but est progressivement de découvrir comment mieux piloter ta façon de travailler.
Aider sans faire à sa place
Pour les parents, l’équilibre est parfois difficile à trouver. Rappeler les devoirs, vérifier le sac, surveiller l’heure ou répéter les consignes peut résoudre le problème du moment.
Mais l’objectif à plus long terme est différent : aider progressivement le jeune à construire ses propres repères et à utiliser lui-même les stratégies dont il a besoin.
1. Faire pour lui
Parfois nécessaire lorsque la difficulté est importante : l’adulte apporte temporairement un cadre et des repères.
2. Faire avec lui
Le jeune participe aux choix, teste les outils et apprend à repérer ce qui l’aide réellement.
3. Le laisser faire
L’aide diminue progressivement lorsque le jeune parvient à mobiliser seul ses propres stratégies.
Une question qui peut changer la discussion
« De quoi aurais-tu besoin pour réussir à faire cela seul la prochaine fois ? »
à « tu sais ce qui t’aide à le faire ».
Construire sa propre boîte à outils
Il n’existe pas une méthode unique adaptée à tous les adolescents présentant un TDAH.
Selon ce qui lui pose problème, le jeune peut explorer différentes pistes, en choisir une, l’essayer et observer si elle lui est réellement utile.
Attention et concentration
Repérer ce qui fait décrocher l’attention et expérimenter différentes conditions pour rester engagé dans une tâche.
Stabiliser mon attention →Mémoire et apprentissage
Comprendre pourquoi relire ne suffit pas toujours et expérimenter des stratégies de mémorisation plus actives.
Explorer mémoire et apprentissage →Motivation et mise en action
Repérer ce qui facilite ou bloque le démarrage et chercher comment rendre le premier pas plus accessible.
Comprendre la motivation →Organisation et méthodes
Hiérarchiser, découper une tâche et construire des repères suffisamment simples pour être utilisés au quotidien.
Mieux s’organiser →Gestion du temps : un repère transversal
Estimer une durée, rendre le temps plus visible, anticiper et comparer le temps imaginé au temps réellement nécessaire. La gestion du temps peut influencer la mise en action, l’attention, l’organisation comme les apprentissages.
Moins d’outils, mais des outils réellement utilisés.
Quelques stratégies comprises, choisies et adaptées par le jeune valent mieux qu’une longue liste de méthodes qu’il n’utilisera pas.
Par quoi commencer ?
Choisis ce qui te gêne le plus aujourd’hui :
commencer · rester concentré · retenir · t’organiser · gérer ton temps.
Puis commence par une seule chose à tester.
6 lois intéressantes à avoir en tête
Elles peuvent aider à réfléchir à notre rapport au temps, à l’effort et à l’organisation du travail.
Loi de Murphy
Toute chose prend souvent plus de temps qu’on ne l’avait prévu.
Loi de Fraisse
Une heure n’est pas toujours ressentie comme une heure.
Loi de Parkinson
Plus on a de temps pour réaliser une tâche, plus cette tâche tend à prendre du temps.
Loi d’Illich
Au-delà d’un certain seuil de travail, l’efficacité tend à diminuer.
Loi de Carlson
Un travail réalisé de façon continue demande souvent moins de temps qu’un travail fréquemment interrompu.
Loi de Pareto
Une petite partie de nos actions produit souvent une grande partie de nos résultats.
Quelques mots utilisés sur cette page
Ces termes permettent de décrire certaines fonctions mobilisées dans le travail scolaire.
Attention
Capacité à orienter et maintenir son activité mentale sur ce qui est utile à un moment donné.
Inhibition
Capacité à freiner une réponse immédiate ou à résister à une distraction pour poursuivre ce que l’on avait décidé de faire.
Mémoire de travail
Capacité à garder temporairement des informations en tête et à les utiliser pendant une tâche.
Perception et gestion du temps
Capacité à estimer une durée, anticiper et se repérer dans le déroulement d’une activité.
Fonctions exécutives
Ensemble de processus qui permettent notamment de planifier, prioriser, contrôler son action, s’adapter à une situation et poursuivre un objectif.
Un point important : ces termes décrivent des fonctions, pas un jeune. Leur fonctionnement peut varier selon les personnes, les situations, la fatigue, l’intérêt ou encore l’environnement.
TDAH et travail scolaire : vos questions
Quelques réponses aux questions que les parents peuvent se poser lorsqu’ils cherchent à aider leur adolescent dans son travail scolaire. Cliquer pour dérouler la réponse.